Le pilote HRC Factory, Tim Gajser, a marqué de son empreinte le week-end de MXGP en Espagne. Alors que les Français Romain Febvre et Maxime Renaux promettent d’être de sérieux rivaux en 2025, la pure classe du Slovène a éclaté au grand jour. Ce sont des moments à savourer, car Gajser est sans conteste l’un des plus grands pilotes de tous les temps.
En remportant sa 50e victoire en Grand Prix, Gajser rejoint un club très fermé, qui ne comptait jusqu’ici que six légendes : Jeffrey Herlings, Stefan Everts, Antonio Cairoli, Joel Smets et Joel Robert. S’intégrer à un tel groupe prouve l’ampleur de son talent et de sa place dans l’histoire du motocross.
Un week-end parfait pour Gajser
Hier à Cozar, il était intouchable. Malgré des conditions changeantes entre le samedi et le dimanche, il est resté l’homme à battre. Avec cinq titres de champion du monde à son actif, il a tout ce qu’il faut pour viser un sixième sacre cette année, ce qui le placerait juste derrière Everts et Cairoli au classement des pilotes les plus titrés.
« Ce n’était pas facile, mais je suis très heureux »
Un week-end incroyable pour toi : 1-1-1 et une 50e victoire en GP !
Ce n'était vraiment pas facile. Samedi, la piste s’améliorait au fil des tours, mais il a beaucoup plu dans la nuit et les courses du dimanche ont été très difficiles. Les départs étaient cruciaux : dans la première manche, j’ai pris un bon départ, j’étais troisième et j’ai rapidement pris la tête avant de contrôler la course. Dans la seconde, mon départ était moins bon et je me suis retrouvé en milieu de peloton, ce qui est compliqué avec les projections de boue. J’ai réussi à remonter à la deuxième place dès le premier tour, et quand Lucas (Coenen) a fait une erreur, j’ai pris la tête et contrôlé jusqu’à l’arrivée.
Balayer le week-end, c’est difficile de rêver mieux, non ?
Oui, je suis vraiment heureux. C’était un week-end compliqué avec une piste difficile, et j’ai rendu les choses encore plus dures pour moi dans la deuxième manche avec un départ moyen. Mais dans l’ensemble, je suis très satisfait. Nous avons tous travaillé dur pour en arriver là et c’est un vrai plaisir de décrocher cette 50e victoire et de reprendre la plaque rouge. L’objectif maintenant est de la conserver jusqu’à la fin de la saison !
« Être dans ce cercle de légendes est un honneur »
50 victoires en Grand Prix, seuls six pilotes avant toi ont accompli cela. Tu dois être fier ?
Oui, 50 victoires, c’est un grand chiffre et j’en suis reconnaissant. J’espère en décrocher encore beaucoup d’autres. Nous travaillons dur et, même si je ne suis pas obsédé par les statistiques, c’est un honneur de rejoindre ces légendes. Comme la plaque rouge, c’est bien de l’avoir, mais l’important est de la conserver jusqu’à la fin de la saison.
Une course boueuse et pleine de défis
La boue a posé problème à tout le monde ce week-end. Tu sembles toujours à l’aise dans ces conditions difficiles ?
Oui, mais ce n’était pas évident pour les pilotes, ni pour les mécaniciens. Le nettoyage des motos était un vrai problème, il n’y avait pas assez d’eau. Mais je suis satisfait, l’Argentine s’était bien passée, et ici, j’ai gagné. Je sais que je peux être rapide sous la pluie, mais aussi sur le sec. Être performant dans toutes les conditions, c’est essentiel.
Samedi, la piste te convenait parfaitement, avec de grosses ornières et une surface très technique. Peux-tu comparer cela aux conditions de course du dimanche ?
Oui, samedi, c’était parfait : une piste rugueuse, avec de nombreuses trajectoires, un peu comme au Motocross des Nations à Matterley Basin. Dimanche, en revanche, il fallait simplement rester sur la moto, ne pas brûler l’embrayage et économiser la mécanique, un peu comme en enduro.
Lucas Coenen est tombé juste devant toi dans la première manche. Que s’est-il passé ?
Lucas est arrivé très vite et c’était super glissant. J’étais devant, mais j’ai freiné plus tôt en voyant Glenn (Coldenhoff) arriver fort à l’intérieur. Lucas a perdu le contrôle, l’arrière a décroché, et j’ai juste réussi à l’éviter. C’était vraiment chaotique en début de course.
« Il faut être rapide, mais aussi intelligent »
Dans ces conditions, quelle est la clé du succès ?
Le départ est crucial. Ensuite, il faut être rapide, mais aussi intelligent. La course dure 35 minutes et il faut préserver la moto. La piste évolue vite, bien plus que sur le sec. Les ornières se creusent et, après quelques minutes, il faut parfois changer de trajectoire. Mais c’est risqué, car une nouvelle ligne peut être plus profonde qu’on ne le pense.
Tu sembles aimer ce type de piste plus que tes adversaires. Préférerais-tu avoir ce genre de conditions à chaque course ?
J’aime surtout les courses où on peut vraiment s’exprimer. Aujourd’hui, ce n’était pas fun, c’était juste du travail acharné.
« Je veux gagner, mais la régularité est la clé »
En Argentine, Febvre et Renaux semblaient un peu plus rapides. Mais tu as l’expérience des titres. Sais-tu que la régularité est plus importante que tout ?
Bien sûr, on ne gagne pas un championnat sur la première course. En Argentine, je pense que j’avais leur rythme, mais nous n’avions pas trouvé les bons réglages le samedi. Dimanche, mes départs n’étaient pas bons, et j’ai dû remonter. Ils sont rapides sur des conditions parfaites, mais je sais qu’il faut parfois accepter de finir deuxième ou troisième. Ça paie sur la saison entière.
Jeffrey Herlings revient bientôt. Tu attends son retour avec impatience ?
Oui, nous avons eu de super batailles dans le passé. Je sais qu’il est de retour à l’entraînement et il sera bientôt avec nous en course. J’ai hâte de me mesurer à lui de nouveau.
Avec cette 50e victoire en GP, Tim Gajser continue d’écrire l’histoire du motocross. En pleine confiance, il vise maintenant un sixième titre mondial, et il est bien parti pour marquer encore plus son empreinte en MXGP.